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Poétiser le monde, les âmmes et les hommes

– 38° C

-38 ° C. Fusion du mercure, métal liquide et alchimique, planète proximale du Soleil et Dieu des voleurs ou simple messager. Mercure, il en manque terriblement dans cette contrée.

-38°C. Température glaciale à son arrivée à Vladivostok. Comme si toute la chaleur avait disparue, toute cette empathie et bienveillance que les éléments nous offrent et que nous maltraitons, avaient décidé de le fuir en guise d’accueil. Allégorie de sa vie, tout ce qu’il touche, se fige et se glace. Face à autant d’hostilités, réaction légitime de la nature, il pourrait se dire qu’il s’est trompé. Qu’il a fait le mauvais choix, qu’il s’est précipité dans sa décision, que celle-ci était hâtive, irrationnelle ou trop raisonnable. Un choix guidé par des forces venues d’un ailleurs.

Cet ailleurs, que les éveillés perçoivent comme céleste, comme un infini, comme un intemporel interstice où les indécisions n’ont ni place, ni chapitre. A l’endroit même où la peur n’est que l’ombre de sa certitude. Il aurait pu chercher à se consoler, à oublier son chagrin, dans les mélodies de l’ammour ou tenter la compagnie des spiritueux.

Mais lui, il n’est pas de cette race. De ceux qui à la moindre brise, se fissurent et s’effritent. Qui aux moindres battements de cœur leur préfèrent les batailles des corps. Qui à la moindre nuance et au nom d’une vérité aveugle, se radicalisent et se pharaonisent. Certes, il tombe, vacille, chute mais jamais ne fuit. Ni en arrière, ni sur un autre chemin.

Il ne fait qu’avancer, pas après pas, chaque pas étant immense pour son humanité. Sur ce chemin, devenu cheminement, il sait, comme Martin, que “le silence des pantoufles est plus dangereux que le bruit des bottes !”.

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