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Poétiser le monde, les âmmes et les hommes

Distanciation

Arrivé au bout du chemin, il est enfin à Vladivostok. Au-delà plus rien, plus d’espoir, plus de rêves, plus d’âmmes qui vivent. Juste la vision de la Baie d’Amour, figée, gelée, glacée en cet hiver rude où seul rôde le froid de l’Est. Loin de tout, dans ce paysage aride et inhospitalier, il est dans son élément, dans ce qu’il mérite, dans ce qui est chez lui. Si d’autres choisissent des temples, des fleuves ou des pierres sacrés pour se repentir, pour chercher une rédemption, pour littéralement renaitre, lui a choisi l’exil.

Après tant de milliers de kilomètres parcourus, tant d’heures et de nuits épuisées, tant de visages rencontrés, tant d’affect et de convenances, tant de verbe et de mots théâtreux, tant de vide rempli par du vide, il se dit finalement qu’être loin d’eux c’est les préserver. Les préserver de toute sa monstruosité, celle-là même qui détruit leur innocence, leur vie, leur liberté et leur humanité. C’est cela l’histoire de sa vie.

Une vie passée à plaire ou à ne pas faire mal, une vie passé à résoudre une question aussi complexe que le problème de la constante cosmologique. Quelle est la bonne distance avec soi-même? Trop proche des autres, voilà qu’on se meurt, trop proche de soi, voilà qu’on les tue. Quelle est donc cette bonne distance ? Avec les rides et les cicatrices, il se demande si finalement, si fatalement cette distance ne serait pas égale à la distance qui le sépare de Dieu soustraite de la distance qui le rapproche de son ego. Il a fallu l’exil, son exil, qui n’est ni une fuite en avant, ni un abandon en arrière.

L’exil est la quête juste de la bonne, de sa bonne distance

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